Accueillir l’inconfort, le flou et les peurs : lâcher le contrôle

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Il y a en nous un réflexe profondément humain : vouloir comprendre, anticiper, maîtriser. Mettre de la lumière sur ce qui est flou, des réponses sur ce qui inquiète, chercher à comprendre pour vouloir, rapidement, retrouver la légèreté, la sérénité, la confiance.
Parce que le contrôle rassure et donne l’illusion d’une stabilité face à l’imprévisible, d’une maîtrise.
Et parce que, on ne nous a pas appris à accepter l’inconfort, la vulnérabilité. Parce que dans ces moments-là, on ne contrôle pas…

Les périodes de transition, de remise en question, de transformation intérieure nous plongent souvent dans l’inconfort, le flou, les peurs. Nous ne savons plus exactement où nous allons, qui nous sommes en train de devenir, ni quand les choses vont se clarifier. Alors le mental s’agite, cherche des solutions, s’accroche à ce qu’il connaît.

Et si le chemin n’était pas de fuir ces états, mais d’apprendre à les accueillir ?


L’inconfort : un messager, pas un ennemi

L’inconfort est souvent perçu comme quelque chose à éliminer au plus vite. Une tension dans le corps, une émotion désagréable, une sensation de malaise intérieur… Tout notre système est conditionné à chercher le confort, la détente immédiate, le soulagement rapide. Et tous les partages que l’on voit régulièrement sur la psychologie positive, la force du cerveau, la responsabilité nous poussent à vouloir vite retrouver notre élan, notre dynamisme et notre joie.
Sauf qu’en agissant de la sorte, on ne respecte pas ce qui se joue à l’intérieur.

L’inconfort est rarement là par hasard. Il signale un ajustement nécessaire, une limite dépassée, un besoin non respecté, ou encore un changement en cours.
(Article Que nous indiquent nos peurs ?)

L’accueillir ne signifie pas s’y complaire, mais cesser de lutter contre ce qui est là. Plus nous résistons, plus la tension s’amplifie. Egalement, plus nous voulons la nier, plus elle reviendra taper plus fort.
Encore une fois, accueillir la vulnérabilité ne veut pas dire s’y enfermer pendant de longs mois. Simplement, accepter de la traverser pendant quelques jours, peut-être quelques semaines.
(Je ne parle pas ici de périodes de dépression ou de mal être profond, qui se doivent d’être accompagnées par un professionnel)

À l’inverse, lorsque nous acceptons de ressentir pleinement – en respirant, en observant les sensations sans jugement – quelque chose se relâche. L’inconfort devient alors un espace d’écoute, un espace d’ouverture.


Le flou : une phase naturelle de transformation

Le flou est probablement l’un des états les plus inconfortables pour le mental. Ne pas savoir. Ne pas avoir de réponses claires. Avancer sans garantie. Ressentir de la frustration, de la déception.

Dans une société qui valorise la clarté, la performance et la maîtrise, le flou est souvent vécu comme un échec ou une faiblesse dont on souhaite vite se sortir. Pourtant, il est une étape incontournable de toute transformation profonde.

Avant qu’une nouvelle direction n’émerge, l’ancienne a besoin de se déconstruire. Avant de savoir précisément ce que l’on veut, il est parfois nécessaire decsavoir ce que l’on ne veut plus. Et cela demande de l’introspection, de la réflexion, de la prise de recul et également des temps de pause, de calme pour voir plus clair dans ces envies et besoins.

Le flou est un entre-deux. Un espace vide, fertile, créatif… à condition de ne pas vouloir le remplir trop vite…

Lâcher le contrôle, ici, c’est accepter de marcher dans le brouillard en faisant confiance à ses ressentis, à ses élans intérieurs, plutôt qu’à des certitudes figées. C’est faire confiance au processus et se rappeler que la clarté, la joie, l’élan reviendront.


Les peurs : des gardiennes maladroites

Les peurs surgissent souvent avec force lorsque le contrôle vacille. Peur de se tromper, de perdre, de décevoir, d’échouer, de ne pas être à la hauteur, de ne pas réussir à retrouver cette vitalité intérieure. Elles peuvent être envahissantes, paralysantes, épuisantes.
(Article Les croyances limitantes qui nous empêchent de croire en nous)

Mais il est essentiel de se rappeler que les peurs ne sont pas là pour nous nuire. Elles cherchent avant tout à nous protéger. Elles sont les héritières d’expériences passées, de conditionnements. Ces peurs sont des peurs créées par le mental, créées par des croyances en lien avec la société, en lien avec les croyances dans lesquelles on a pu grandir, pensées que l’on a écouté. Parfois même, elles ne nous appartiennent pas mais elles nous ont nourri et il est difficile de s’en détacher.

Plutôt que de les combattre ou de les rationaliser à tout prix, il est souvent plus apaisant de les reconnaître, de leur laisser une place, sans leur donner les commandes. Simplement se dire : « ok j’ai peur de ne pas réussir, j’ai peur de ne pas gagner suffisamment d’argent, j’ai peur de perdre le contrôle ». Ainsi, de les accueillir et de se sentir la sécurité dans le corps et dans le moment présent. Souvent, ces peurs sont des projections, des anticipations alors que rien n’est réel.

N’hésitez pas à vous répétez cette phrase pour amener de l’apaisement et de la sécurité dans le corps par votre système nerveux : « Je te vois. Tu es là pour me protéger. Mais, tout de suite, tout va bien, je suis en sécurité.« 


Le contrôle : une illusion de sécurité

Le besoin de contrôle est intimement lié à la peur de l’insécurité. Nous croyons souvent que si tout est maîtrisé, alors nous serons en sécurité. Or, le contrôle maintient le système nerveux en état de vigilance permanente.

Lâcher le contrôle ne signifie pas renoncer à toute responsabilité ou devenir passif. Il s’agit plutôt de revenir dans le présent, de venir observer son réel besoin dans l’instant et de déterminer des actions, des petits pas sur lesquels on peut agir, sans être non plus dans une forme de fuite !

C’est accepter que la vie ait son propre rythme, et que la confiance ne naît pas de la maîtrise, mais de la capacité à s’adapter et se sécuriser.


Passer par le corps pour apaiser le mental

Lorsque l’inconfort, le flou et les peurs sont présents, le mental cherche des réponses à tout prix. Mais bien souvent, ce n’est pas de compréhension dont nous avons besoin, mais de régulation.

Le corps est une porte d’entrée précieuse pour revenir à une forme de sécurité intérieure.
(Article Sécurité intérieure et confiance en soi)

Respirer consciemment, relâcher les tensions, porter attention aux appuis du corps, aux sensations de stabilité… Ces pratiques simples permettent d’envoyer au système nerveux un message essentiel comme vu plus haut : « Ici et maintenant, je suis en sécurité. »

À partir de là, il devient plus facile de tolérer l’incertitude, d’accueillir ce qui est, sans se crisper.


Faire confiance au processus

Accueillir l’inconfort, le flou et les peurs, c’est accepter de ne pas aller plus vite que la vie. C’est reconnaître que certaines réponses ne peuvent émerger que dans le lâcher-prise, la patience et l’écoute intérieure.

Le lâcher-prise n’est pas un effort, mais un relâchement progressif. Il se cultive, pas à pas, à travers des micro-choix : respirer plutôt que résister, ressentir plutôt que contrôler, faire confiance plutôt que anticiper.

Et souvent, c’est précisément lorsque nous cessons de forcer que les choses commencent à se réorganiser naturellement.


En conclusion

Accueillir l’inconfort, le flou et les peurs n’est pas un signe de faiblesse, mais un acte de respect de soi. Celui de rester présent à soi, même lorsque tout n’est pas clair. Celui de lâcher le contrôle pour laisser émerger une sécurité plus profonde, plus stable, plus intérieure.

Car au cœur de l’incertitude, il y a parfois un espace de liberté insoupçonné. Un espace où quelque chose de plus juste, de plus aligné, peut enfin prendre forme.

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